Face à l’intensification des vagues de chaleur, l’adaptation des logements devient un sujet de politique publique à part entière.
Publié le 10 mars 2025, le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique – PNACC-3 – consacre sa mesure 9 à un objectif explicite : « Adapter les logements au risque de fortes chaleurs » (Ministère de la Transition écologique, 2025).
Plus d’un an après son lancement, 85 % des actions du PNACC-3 sont engagées à l’échelle nationale (Ministère de la Transition écologique, juin 2026). Mais le bilan détaillé montre que, concernant spécifiquement les logements et le confort d’été, plusieurs chantiers restent encore en cours ou n’ont pas commencé.
L’État reconnaît un manque de données sur le confort d’été
Le constat officiel est particulièrement important : les données disponibles sur la performance du parc immobilier face au confort d’été sont jugées insuffisantes par le PNACC-3 (Ministère de la Transition écologique, 2025).
Le plan prévoit donc d’améliorer la connaissance des températures réellement supportées dans les bâtiments grâce à des mesures, des simulations et des études de terrain.
Une étude interministérielle doit notamment analyser le confort d’été dans les bâtiments neufs et existants, rénovés ou non, ainsi que ses conséquences sur la santé des occupants. Ses conclusions sont prévues à l’horizon 2028 (Ministère de la Transition écologique, 2025).
En juin 2026, cette action est toujours indiquée comme « en cours ». Le programme Adapt Bâti Confort, porté notamment par l’ADEME, le Cerema et le CSTB, retient 50 opérations pilotes dont les travaux débutent en juin 2026 (Ministère de la Transition écologique, bilan PNACC-3, 2026).
Le confort d’été du DPE est lui-même jugé insuffisamment précis
Le DPE comporte déjà un indicateur relatif au confort d’été. Il prend notamment en compte certaines caractéristiques du logement, comme son caractère traversant ou la présence de protections solaires extérieures.
Mais le PNACC-3 reconnaît que cet indicateur est actuellement trop simple pour refléter avec suffisamment de précision la performance réelle d’un logement face aux fortes chaleurs (Ministère de la Transition écologique, 2025).
Une évolution vers un indicateur quantitatif plus précis est donc étudiée par le CSTB, avec un objectif fixé à 2028 (Ministère de la Transition écologique, bilan juin 2026). Cet indicateur doit toutefois rester distinct de la note énergétique principale du DPE.
Cette reconnaissance institutionnelle appelle à la prudence : l’indicateur actuel de confort d’été d’un DPE ne constitue pas, à lui seul, une mesure exhaustive du comportement réel d’un logement pendant une vague de chaleur.
La rénovation doit progressivement intégrer le confort d’été
Le PNACC-3 fixe un objectif : à l’horizon 2030, l’ensemble des rénovations d’ampleur bénéficiant d’aides publiques doit prendre en compte le confort d’été (Ministère de la Transition écologique, 2025).
Le plan envisage notamment :
- l’amélioration du DPE et de l’audit énergétique ;
- l’intégration du confort d’été dans la définition d’une rénovation performante ;
- le financement de protections solaires, occultants ou brasseurs d’air ;
- la montée en compétence des professionnels de la rénovation ;
- une meilleure prise en compte du sujet dans les copropriétés.
Mais le bilan officiel de juin 2026 montre que plusieurs de ces mesures restent inabouties.
L’intégration, dans MaPrimeRénov’, de nouvelles aides pour des travaux ponctuels améliorant le confort d’été — comme l’installation de protections solaires fixes, d’occultants ou de brasseurs d’air — reste à l’étude en 2026 (Ministère de la Transition écologique, PNACC-3). L’action concernant le parc social n’a pas commencé et celle spécifiquement consacrée aux copropriétés est également indiquée comme « pas commencée » (Ministère de la Transition écologique, juin 2026).
Les copropriétés sont explicitement identifiées comme un enjeu
Le PNACC-3 prévoit spécifiquement de faciliter l’installation de protections solaires et de volets dans les copropriétés.
Il prévoit également d’étudier les moyens d’intégrer davantage le confort d’été dans les rénovations importantes et, éventuellement, dans le plan pluriannuel de travaux – PPT des copropriétés (Ministère de la Transition écologique, 2025).
Cette orientation est significative : elle reconnaît que l’adaptation d’un logement aux fortes chaleurs ne dépend pas toujours de décisions individuelles. Façades, protections solaires, toitures, menuiseries ou modifications de l’aspect extérieur peuvent relever de décisions collectives.
Mais, selon le bilan ministériel publié en juin 2026, l’action PNACC-3 spécifiquement consacrée aux copropriétés n’a pas encore commencé.
Des politiques publiques encore en construction
Le PNACC-3 marque donc une évolution importante : le confort d’été devient progressivement un critère à mesurer et à intégrer aux politiques du logement.
Mais les documents officiels montrent également les limites du dispositif actuel :
les données de terrain restent insuffisantes ; l’indicateur du DPE doit être amélioré ; certaines aides demeurent incomplètes ; et plusieurs actions relatives aux copropriétés ou au parc social restent encore à mettre en œuvre en 2026.
Ces constats ne permettent pas, à eux seuls, d’établir la responsabilité d’un constructeur, d’un bailleur, d’un syndic ou d’un autre professionnel dans une situation individuelle.
Ils montrent en revanche pourquoi il reste essentiel de documenter les situations réelles de surchauffe : températures intérieures et extérieures, durée des épisodes, caractéristiques du logement, protections solaires, orientation, possibilités d’aération, conséquences sanitaires et démarches entreprises.
C’est précisément l’une des missions d’Alerte Logement – L’Observatoire des logements en surchauffe : contribuer à objectiver les situations vécues par les occupants et à rendre visibles les écarts entre les performances attendues des logements et les conditions réellement constatées pendant les fortes chaleurs.
Sources
Ministère de la Transition écologique – Troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) – 2025
Consulter le PNACC-3 officiel
Ministère de la Transition écologique – Mesure 9 : « Adapter les logements au risque de fortes chaleurs » – PNACC-3, 2025
Consulter la mesure 9 officielle
Ministère de la Transition écologique – Bilan détaillé de l’avancement du PNACC-3 par action – juin 2026
Consulter le bilan officiel de juin 2026
Cerema – Améliorer le confort d’été en logements collectifs : des solutions techniques – janvier 2026
Consulter la publication du Cerema