Lorsqu’un logement devient très chaud en été, une photographie ponctuelle d’un thermomètre ne suffit pas toujours à comprendre ce qui se passe.
Pour documenter une situation de surchauffe, le plus utile est d’observer l’évolution de la température intérieure dans le temps, en la comparant aux conditions extérieures.
Quelques relevés simples et réguliers permettent déjà de constituer une chronologie beaucoup plus informative.
Quel thermomètre utiliser ?
Un thermomètre d’ambiance numérique suffit pour mesurer la température de l’air intérieur.
Un modèle affichant également l’humidité peut apporter une information complémentaire, mais l’objectif principal reste de disposer de relevés de température cohérents et comparables.
Pour faciliter la comparaison :
- utilisez si possible le même appareil pendant toute la période ;
- conservez-le au même endroit ;
- évitez le soleil direct, une fenêtre ouverte, un appareil électrique chaud ou toute autre source susceptible de fausser ponctuellement la mesure ;
- notez systématiquement la date et l’heure.
Il ne s’agit pas d’un protocole d’expertise : l’objectif est de produire une série de relevés compréhensible et reproductible.
À quels moments relever la température ?
Un relevé unique effectué au moment le plus chaud de la journée donne une information limitée.
Pour comprendre le comportement thermique du logement, il est plus intéressant de suivre plusieurs moments caractéristiques :
le matin, avant que le logement ne soit fortement exposé au soleil ;
en milieu ou fin d’après-midi, lorsque les apports solaires ont été importants ;
en soirée, lorsque la température extérieure commence à redescendre ;
et, lorsque cela est possible, pendant la nuit ou tôt le matin.
Cette dernière période est particulièrement instructive. Lorsqu’il fait moins chaud dehors, un bâtiment doit pouvoir évacuer une partie de l’énergie thermique accumulée. Le Cerema souligne l’importance de la ventilation nocturne pour permettre cette décharge thermique lorsque les conditions extérieures le permettent.
Des températures restant élevées la nuit présentent également un enjeu sanitaire, car elles limitent la récupération de l’organisme après la chaleur de la journée.
Pourquoi relever aussi la température extérieure ?
Une température intérieure de 30 °C ne s’interprète pas de la même façon selon qu’il fait encore 38 °C dehors ou que la température extérieure est déjà retombée à 22 °C.
Il est donc utile d’associer chaque mesure intérieure à une indication de la température extérieure au même moment.
Une méthode très simple consiste à réaliser, au moment du relevé, une capture d’écran de la météo affichée sur votre smartphone, en veillant à conserver visibles :
la commune, la température extérieure, la date et l’heure.
Cette capture ne remplace pas des données météorologiques officielles lorsqu’une expertise l’exige, mais elle permet de contextualiser immédiatement vos relevés.
L’environnement extérieur doit d’ailleurs être pris en compte : en zone urbaine, les températures peuvent rester sensiblement plus élevées, notamment la nuit, en raison de l’effet d’îlot de chaleur urbain.
Et le thermomètre infrarouge ?
Un thermomètre infrarouge peut être utile, mais il ne mesure pas la température de l’air.
Il mesure la température superficielle de l’élément visé : vitre, mur, plafond, sol, volet ou autre surface.
Il peut ainsi mettre en évidence une baie vitrée ou une paroi fortement chauffée par le soleil, mais la valeur obtenue ne doit pas être présentée comme la température intérieure du logement.
Les deux mesures sont donc complémentaires :
thermomètre d’ambiance = température de l’air
thermomètre infrarouge = température d’une surface
Quelles preuves conserver ?
L’intérêt d’une mesure repose beaucoup sur sa traçabilité.
Conservez vos relevés pendant plusieurs jours lorsque l’épisode de chaleur se prolonge, ainsi que les photographies ou captures d’écran correspondantes.
Une chronologie peut par exemple faire apparaître :
date – heure – température intérieure – température extérieure – pièce concernée – observations éventuelles.
Il devient alors possible de voir si le logement se refroidit pendant la nuit ou, au contraire, s’il accumule progressivement de la chaleur d’un jour à l’autre.
Cette documentation peut être utile pour expliquer la situation à un bailleur, un syndic, un promoteur, un professionnel du bâtiment, un assureur ou un expert. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir l’existence d’une malfaçon ou la responsabilité juridique d’un acteur.
Documenter avant de signaler
Mesurer régulièrement permet de transformer une impression — « mon logement est beaucoup trop chaud » — en données datées et contextualisées.
C’est précisément cette logique qui permet ensuite d’identifier plus efficacement les logements durablement confrontés à la surchauffe.
Votre logement surchauffe ?
Alerte Logement – L’Observatoire des logements en surchauffe recueille des signalements documentés afin de mieux identifier les situations rencontrées et les caractéristiques des bâtiments concernés.
→ Signaler une situation de surchauffe
Sources et références
ADEME — « Canicule : comment garder son logement au frais ? », mise à jour du 29 mai 2026. L’ADEME rappelle notamment l’importance de comparer les conditions intérieures et extérieures et de rafraîchir le logement lorsque l’air extérieur devient plus favorable.
Cerema — « Été : des bâtiments en quête de fraîcheur », 23 juin 2026.
Cerema — « Un prototype d’outil de pilotage pour accompagner l’ouverture nocturne », 20 juillet 2026.
Ministère chargé de la Santé — « Les vagues de chaleur et leurs effets sur la santé ».